Femmes et fiction

Une médiation autour de la pièce Virginia à la bibliothèque, mise en scène par Edith Amsellem

Photo © Vincent Beaume

La pièce

Edith Amsellem décide de monter Virginia à la bibliothèque à partir d’un constat : presque la totalité des oeuvres étudiées à l’école sont écrites par des hommes. Elle se lance alors dans l’adaptation à la scène du livre Un lieu à soi, écrit par Virginia Woolf en 1929 et traduit par Marie Darrieussecq. La pièce porte la voix d’une féministe fondamentale du XXème siècle, et résonne cruellement avec notre société d’aujourd’hui, toujours largement dominée par des hommes.

Photo © Edith Amsellem

La médiation

 

Comment des lycéens d’aujourd’hui envisagent-ils la place des femmes dans la fiction ? La médiation prend la forme d’une discussion avec des élèves de première, sur la place des femmes dans la littérature occidentale, et la façon dont elles sont représentées dans la fiction. Comment expliquer leur invisibilisation ?
Après une discussion sur les références littéraires des élèves, ils joueront des extrais de séries actuelles, fortement marqués par le genre (des filles qui parlent de mode, des garçons qui parlent de bagarres…). Ces saynètes mettent en branle une discussion sur les représentations genrées que véhicule la fiction, et son impact sur la société.

La discussion se termine sur le test de Bechdel, qui peut être appliqué à des films, séries, livres ou toute production artistique :
1. Le film (ou autre) comporte-t-il au moins deux personnages féminins qui ont un nom ?
2. Ces deux femmes se parlent-elles ?
3. Parlent-elles d’autre chose que d’un homme ?

Peu de films passent ce test ! Les femmes sont souvent soit inexistantes, soit elles servent de faire-valoir au héros masculin. La dévalorisation du « deuxième sexe » participe de son invisibilisation.
La médiation prendra fin sur une question ouverte : est-ce que ça existe une écriture féminine, une écriture masculine ? Le fait de se poser cette question est-il révélateur d’une société déséquilibrée ?

Médiation du 28 janvier 2020 au lycée Artaud